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« En quelle salle tu vas ? G229 ? Ah ! Tu as cours avec Blondel ? » Voilà ce que l'on pourrait entendre dans les couloirs d'un lycée de province quelques minutes avant que la cloche ne sonne. Car le romancier Jean-Philippe Blondel est également professeur d'anglais depuis plus de 20 ans. Dans son dernier récit, il nous parle de son métier et des anecdotes qui font la vie d'un enseignant et d'une classe. « Le plus dur, dans ce métier, vous savez, c'est de manier le on et le je […] C'est une institution, l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit, vous verrez. Le on et le je. Réfléchissez-y. Bonne chance ! »
Dans cette salle G229, où le temps semble figé puisque les élèves y ont toujours le même âge, il y a deux sortes de souvenirs : ceux du « on », les souvenirs récurrents, qui correspondent à ce que vivent chaque année tous les enseignants : les voyages scolaires, les réunions, les réformes, les corrections de copies, etc.
Mais il y a aussi ces souvenirs du « je », ceux qui ont marqué et bouleversé l'auteur et qui n'appartiennent qu'à une classe précise pendant une année donnée. Quand tout à coup, le fil conducteur du cours échappe à l'enseignant, que les frontières s'effacent et que l'émotion prend le pas sur tout le reste. Des moments lumineux ou difficiles, qui jalonnent la vie de n'importe quel professeur, mais qui sont tous uniques et singuliers.
Jean-Philippe Blondel alterne donc dans ce récit le « on » et le « je ». Il nous raconte 20 ans de sa vie d'enseignant, de ses joies, de ses désillusions. On est très loin de l'univers d'un François Bégaudeau (Entre les murs) et vous ne trouverez chez Jean-Philippe Blondel aucun cynisme gratuit, aucun mépris pour les élèves. Bien au contraire, Blondel offre ici une vision généreuse et optimiste de la vie d'un lycée, malgré les doutes et les motifs de revendication. Il montre qu'au-delà de la transmission du savoir, l'enseignant crée avant tout du lien et des raisons d'espérer. Ce témoignage n'a en soit rien d'exemplaire ou de révolutionnaire. Mais que l'on soit professeur, lycéen, ancien lycéen ou parent, on retrouvera sous la plume de Blondel son propre vécu, ses propres souvenirs.
Pour être bien placé pour le savoir, Jean-Philippe Blondel met le doigt avec justesse sur ce qui fait le métier de prof, loin des discours catastrophiques sur l’école et l’enseignement, sur ses paradoxes, ses charmes et ses difficultés. Il nous renvoie, à nous prof, une image miroir où ne peut que se reconnaître. Son amour du métier transparaît à chaque ligne dans son style simple, rempli d’émotion pudique. On referme le livre en se disant que le message est optimiste et plein de vie et cela fait un bien fou.Du coup, ça m'a donné envie d'écrire un bouquin sur la vie d'un prof d'espagnol de collège qui s'appellerait A25; mais encore faut-il avoir le talent d'écrivain et puis, tout à fait entre nous, pas sûr que cela intéresse grand monde...
Rédigé à 13:57 dans Education, Livres | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
A la fin des années 1970, Stella entre en sixième dans un grand collège parisien. Tout est neuf pour cet enfant. Elevée dans un café d'ouvriers, dans le 13e arrondissement; elle se sent comme "le vilain petit canard", laide et ignorante parmi les autres. Progressivement, elle cherche à dépasser tous ses handicaps.
Avec ce film nourri par l'autobiographie, Sylvie Verheyde, la réalisatrice d'Un frère répond à une angoisse fondamentale de l'adolescence : comment trouver sa place dans un monde qui, souvent, vous la refuse ? Pour Stella (formidable Léora Barbara), comme pour des millions d'enfants d'hier, d'aujourd'hui et de demain, cela passe par l'ouverture aux autres. Mais aussi par la découverte de la violence sociale : celle des riches, les filles à papa qui méprisent la petite prolo arrivée dans les beaux quartiers ; et celle des plus pauvres qu'elle, ces gens du Nord qui agressent la « Parisienne » forcément bégueule. Le film, tourné à hauteur de pré-ado, touche au cœur parce qu'il va toujours au-delà des apparences. Sylvie Verheyde rappelle que les Chtis ne sauraient se réduire aux gentils clichés de Dany Boon, et qu'un prof de français impitoyable peut néanmoins percevoir le potentiel d'une élève sans bagage.
Le récit initiatique aurait sans doute gagné à être resserré et à s'appuyer un peu moins sur les chansons de Sheila et de Gérard Lenorman pour refléter les émotions de son héroïne. Mais ces tubes de juke-box participent au charme d'une reconstitution des années 1970 jamais ostentatoire. La bande son rappellera de bons souvenirs aux nostalgiques des années 70, cette époque révolue où l'on préférait fréquenter les bistrots plutôt que le lycée ; cette époque où, tenez-vous bien, les gens fumaient, picolaient, riaient, draguaient, se chamaillaient et dansaient dans les bars. Dans le café de Stella, petit théâtre des plus belles scènes du film, on parle (fort), on boit (beaucoup), on rigole et on déprime, on s'engueule et on s'enlace. C'est la vie comme elle va, comme on ne la voit pas si souvent au cinéma.
Les évènements les plus extrêmes entrent dans l'innocence sans ménagement, de l'humanité barbare mais parfois chaleureuse et naïve aussi, la violence, mais aussi l’amitié pure ... et l'enfant apprend à faire la synthèse grâce à "sa chance" : le lycée où elle n’aurait jamais dû être scolarisée. Très belles et justes interprétations de tous les acteurs.
Rédigé à 12:32 dans Cinéma, Education | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 10:35 dans Education | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
C'est la rentrée et je me suis amusé à passer en revue la fournée de prénoms de cette année. Voici les quatre groupes de prénoms qui s'en dégagent.
1.Les prénoms les plus fréquents (car à la mode au début des années 2000):
Alexandre, Anaïs, Antoine, Arthur, Baptiste, Camille, Chloé, Clément, Hugo, Julien, Justine, Laura, Léa, Maeva, Manon, Maxime, Mélissa, Morgane, Nicolas, Paul, Thomas, Valentin..
2. Le groupe des "Kevin" (Les prénoms à consonance anglophone):
Alan, Alvin, Brian, Chrys, Colleen, Davy, Dwayn, Jessica, Jessica, Jessy, Jordan, Killian,
Ryan, Samantha, Shannon, Steeven, Steven, Teddy…
3. Le groupe des excentriques et autres curiosités:
Amorine, Célina, Cidjie, Derhen, Duncan, Fleurane, Kéoma, Mialy, Milanelle, Yzold.
4. Le groupe des pizzas:
Océane, Marine,Courgette, Chorizo...
Rédigé à 14:04 dans Education | Lien permanent | Commentaires (21) | TrackBack (0)
Un extrait hilarant du spectacle "Du plomb dans la tête" de Sophia Aram qui cible très juste le monde de l'enseignement (enseignants, conseillers mais aussi parents d'élèves...).
Rédigé à 16:14 dans Education, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J’ai surveillé ce matin l’épreuve d’Histoire Géographie du Diplôme National du Brevet et parmi les nombreuses réponses produites par les élèves de 3ème dans la 3ème partie de l’épreuve (repères chronologiques et spatiaux), j’ ai recueilli quelques perles que voici. J’ai complété en bleu celles qui me paraissaient les plus invraisemblables et les plus drôles. Elles sont toutes authentiques (ainsi que le sujet évidemment) :
Ça laisse songeur :(
Rédigé à 18:09 dans Education, Humour | Lien permanent | Commentaires (11)
Vous avez vu la nouvelle campagne du ministère pour recruter de nouveaux profs ? Lamentable, escroquerie, campagne mensongère ! Et bien misogyne le propos (lui a des « ambitions » et elle « rêve »). Un adulte debout devant un tableau, devant des Kevin et des Kimberley en cours de techno, ça aurait été si compliqué?
En tout cas, elle en a de la chance Laura ! Ou alors elle a du piston. Ou encore, elle est en détachement auprès d'une autre administration, comme Luc Ferry (qui, au passage, touche 4 500 euros par mois pour son boulot de prof d’université alors qu’il ne remplit pas sa mission depuis septembre 2010). Parce que moi, le poste de mes rêves, je ne sais pas si ça existe. Mais on peut toujours rêver. Et puis qu’est-ce qu’elle fout ? On dirait une pub pour Folio ou Ikea. Ca cloche un peu, non? Elle n’a pas de montre! Vous avez déjà vu un prof sans montre? Qu’est-ce qu’elle fout assise sur une table pour bouquiner ? Notre réputation de feignasses va en prendre encore un coup. Feignante ! Une vraie photo de prof en vacances. Elle pourrait au moins lire un bouquin un peu plus gros!
Quant à Julien... Vous ne trouvez pas qu'il a plus une gueule de trader que de prof? Là aussi, on dirait une pub pour entrer dans la Police Nationale (la chemise) ou dans une banque (CIC ou LCL). Tandis que Laura rêve, lui il bosse. Enfin, on ne sait pas trop, parce qu'il n'y a pas vraiment grand chose sur son bureau. Même pas un stylo ! A mon avis, il télécharge le dernier album de Carla ou suit les cours du CAC40 sur M6Replay. On nous dit qu'il a trouvé un poste « à la hauteur de ses ambitions ». Mais c'était quoi ses ambitions? Avoir une classe de 6ème à 27 ? Être sur trois établissements ? Être nommé à 650 kms de chez lui ? Être balancé dans le métier sans aucune formation professionnelle ? On n'en sait rien.
Toujours est-il qu’il est écrit que « l’éducation nationale recrute 17 000 postes » mais ils ont oublié qu’on en supprime 16000 et que 15000 classes devraient fermer. On supprime le latin, le grec, l’allemand, les arts plastiques, les sections européennes et bientôt les Sciences Physiques, les Sciences de la Vie et de la Terre, les RASED, les postes de surveillants, de Conseiller d’Orientation…
Lamentable.
Rédigé à 21:13 dans Actualités, Education, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
Rédigé à 20:51 dans Actualités, Education, Humour, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)
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