Dans ce blog, je mets en ligne mes coups de cœur musique, cinéma, littérature et arts, des anecdotes de famille, des tranches de vie et quelques délires personnels. J’y mets aussi mes coups de gueule contre la politique actuelle, les aberrations sociales et toutes formes de discrimination ; mes points de vue sur des thèmes très vastes comme l'écologie, l'éducation, la religion, le monde culturel et les faits de société.
Bon, pour être clair, prenez E.T, Rencontres du 3ème type, Starship Troopers, La Guerre des mondes(2005), les Goonies, Alien et The Host. Mélangez le tout dans un shaker et ça vous donne Super 8. Bref, un gentillet film de S.F pétaradant mené par une bande de gosses apprentis réalisateurs qui, en voulant bricoler un film de zombies en Super 8, se retrouvent dans une histoire gigantesque remplie de trains qui volent en l’air, d’explosions étranges et d’une grosse bébête décidée à foutre le bordel dans une petite ville de l’Ohio. Voici un film fabriqué sur mesure pour ceux qui aiment le spectacle, qu'on regarde bouchée bée tandis que l'esquimau glacé vous coule sur les doigts.
Le réalisateur a conçu son film comme un hommage à l'homme qui a métamorphosé le cinéma populaire américain, dont il était fan à l'adolescence. Sans les effets spéciaux contemporains, Super-8pourrait même être un film de Spielberg, voire un classique. Sans blague, on croit vraiment que c’est un Spielberg !
Je ne vous parlerai pas des énormissimes clichés, les incohérences, les dialogues, la musique sans inspiration, la fin en apothéose de niaiserie (mention spéciale à la scène du gamin qui parle au monstre et à celle avec le pendentif), histoire de ne pas trop casser le film que j’ai, au bout du compte, bien aimé... On sait d'avance que l'E.T. va repartir chez lui, que les gamins vont se sauver, que le méchant militaire va mourir et même que les deux pères vont faire ami-ami avant la fin. Mais la glace était super bonne !!! Idéal pour une soirée de dimanche de novembre…
1986. La Corée est en pleine dictature. Dans un village, un serial killer tue des jeunes filles. Toujours vêtues de rouge. Toujours les jours de pluie. Quelques heures avant les meurtres, coïncidence ou pas, quelqu'un fait diffuser à la radio locale un air triste, toujours le même. Les flics locaux en perdent leur latin. Et Seo, l'envoyé de Séoul, qui se croyait plus malin, aussi... C'est un petit polar que ses origines rendent forcément mysté- rieux. Joon-ho Bong joue très habilement sur le décalage. Sur l'hystérie des personnages. Et sur un rythme plutôt lent que brisent de furieuses secousses : ainsi, la traque, dans le décor fantomatique d'une usine en construction, d'un pervers sexuel. Le coupable idéal, un de plus... Le style unique de Bong Joon-ho mélange polar, satire sociale, codes du cinéma occidental et spécificités coréennes.Ce réalisateur très particulier peut dérouter et il faut faire un véritable effort pour entrer dans son univers peuplé de losers en tous genres. Etonnant, détonnant et vraiment singulier. Dans Memories of Murder, ce sont les à-côtés qui sont intéressants : le sourd et omniprésent climat d'insurrection invisible qui pèse sur la capitale lointaine, par exemple. Et les quelques fausses pistes de l'intrigue, qui virent au burlesque : ainsi, le flic ballot s'en va-t-il dans un sauna surveiller des hommes dénués de poils pubiens : des coupables idéaux, à ses yeux. Peu à peu, le film devient carrément étrange. Effrayant, puisque rien n'y est expliqué, ni résolu, jamais. On ne voit rien, en fait, on ne fait que deviner. La souffrance de tous ces corps à qui l'on a ôté la vie. Mais aussi celle de tous les assassins possibles, murés dans leurs tourments secrets. Pour vous persuader de son originalité, regardez son film d’horreur à gros budget The Host tout aussi déjanté et original.
Ou comment l’adoption d’une fillette va faire basculer la vie d’une famille, déjà fragile, dans le cauchemar le plus noir.
Après avoir perdu l'enfant qu'elle attendait, la fragile Kate (Vera Farmiga) voit ressurgir les douloureux souvenirs d'un passé qu'elle préférerait oublier. Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée, elle fait le choix, avec son compagnon John, d'adopter un enfant. A l'orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Esther. Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la " douce " enfant. Autour d'elle, personne n'a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes. Peu à peu, la bambine va révéler une nature plutôt contrariante.
Plus qu’un film d’horreur, il s’agit d’un thriller bien ficelé qui évoque des classiques comme L’exorciste, Carrie au bal du diable ,Jeune Femme partagerait appartement ,Rose Mary’s baby ou La malédiction. Esther est une chronique familiale, avec ses dysfonctionnements internes que l'irruption d'une enfant adoptée va dynamiter. La durée du film, la qualité de l'interprétation, notamment celle de la petite fille adoptée (Isabelle Fuhrman) et celle de la mère, dénotent la louable volonté du réalisateur Jaume Collet-Serra de prendre la terreur au sérieux et d'amener le spectateur à une révélation qu'il serait criminel de dévoiler. Je n’en dis pas plus, promis !
Bref, Esther est un pur film de genre, thriller haletant saupoudré d'épouvante intelligemment amené avec pour héroïne, une vraie méchante de cinéma avec sa fausse bouille d'ange. La jeune actrice de 12 ans dont c’est le premier rôle à l’écran est détonante. Sa prestation reste le principal charme du film et quand arrive la dernière demi-heure, la jeune actrice explose et dévoile un talent inébranlable.
J’ai enfin pu regarder La Conquête, le film de Xavier Durringer qui raconte la lutte de Sarkoszy pour accéder au pouvoir suprême en 2007, les cinq années qui racontent l'irrésistible ascension de Sarkozy, semée de coups tordus, de coups de gueule et d'affrontements en coulisses. C’est aussi l'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme, plus seul que jamais. Mais il est Président de la République, hélas pour moi, mais ça c’est un autre débat.
Cette fonction, il en a rêvé, et pas seulement en se rasant le matin. « Cela fait trente ans que je me prépare, a-t-il dit, pour me déloger, faudra y aller à l'arme blanche. » Dans le film tous y passent : Jacques Chirac, le président « père », Dominique de Villepin, le « frère » haïssant et haï, Ségolène Royale (pas physiquement) ainsi que d'autres, et son équipe de colla borateurs experts en communication et sondages. On est plongé dans des coulisses du pouvoir et dans la vie affective de Sarko où lui et les autres s’agitent pour jouir du pouvoir comme jouet. Ici la guerre fait rage entre l’Élysée plutôt chiraquienne et les sarkozystes. Les auteurs le montrent aussi odieux, cynique et brutal que les autres, mais au-dessus des autres et aussi humain, lorsque Cécilia le quitte pour un autre. Le film éclaire bien les calculs opérés par la bête et l’analyse de la situation sociale qu’il fait de l’époque pour mieux rebondir : les problèmes d’insécurité, l’électorat du FN à séduire, la classe ouvrière à amadouer en leur promettant un meilleur pouvoir d’achat. Bref, tout ce qui a constitué le cœur de sa campagne présidentielle, impossible à réaliser sans l’aide financière de l’UMP.
C’est vrai que nous n'y apprenons rien que nous ne savions déjà puisque d’une certaine manière. On rit donc aux situations et aux bons mots qu'on a lus dans la presse ou qui circulaient sur Internet. La plupart sont des verbatim recueillis par les uns et les autres. Les plus drôles étant les scuds que s'échangent Villepin et Sarkozy lors de leurs déjeuners réguliers. Le registre de langue est souvent très violent. Du coup, on rit beaucoup de ces duels à mort avec les mots. Et pour nous rappeler encore d'avantage que nous sommes les témoins d'un show burlesque, Durringer a commandé à Nicola Piovani une musique de cirque épatante.
Enfin, le dernier aspect du film, c'est la vie privée de Nicolas Sarkozy. On y voit le futur président se faire larguer par sa femme, on vit sa souffrance et ses efforts pour la faire revenir. Les événements nous sont familiers bien sûr, mais le seul fait de les montrer au cinéma est assez nouveau.
Denis Podalydès y est génial. Rien que pour sa performance, le film vaut le coup d’être vu.
A la fin des années 1970, Stella entre en sixième dans un grand collège parisien. Tout est neuf pour cet enfant. Elevée dans un café d'ouvriers, dans le 13e arrondissement; elle se sent comme "le vilain petit canard", laide et ignorante parmi les autres. Progressivement, elle cherche à dépasser tous ses handicaps.
Avec ce film nourri par l'autobiographie, Sylvie Verheyde, la réalisatrice d'Un frèrerépond à une angoisse fondamentale de l'adolescence : comment trouver sa place dans un monde qui, souvent, vous la refuse ? Pour Stella (formidable Léora Barbara), comme pour des millions d'enfants d'hier, d'aujourd'hui et de demain, cela passe par l'ouverture aux autres. Mais aussi par la découverte de la violence sociale : celle des riches, les filles à papa qui méprisent la petite prolo arrivée dans les beaux quartiers ; et celle des plus pauvres qu'elle, ces gens du Nord qui agressent la « Parisienne » forcément bégueule. Le film, tourné à hauteur de pré-ado, touche au cœur parce qu'il va toujours au-delà des apparences. Sylvie Verheyde rappelle que les Chtis ne sauraient se réduire aux gentils clichés de Dany Boon, et qu'un prof de français impitoyable peut néanmoins percevoir le potentiel d'une élève sans bagage.
Le récit initiatique aurait sans doute gagné à être resserré et à s'appuyer un peu moins sur les chansons de Sheila et de Gérard Lenorman pour refléter les émotions de son héroïne. Mais ces tubes de juke-box participent au charme d'une reconstitution des années 1970 jamais ostentatoire. La bande son rappellera de bons souvenirs aux nostalgiques des années 70, cette époque révolue où l'on préférait fréquenter les bistrots plutôt que le lycée ; cette époque où, tenez-vous bien, les gens fumaient, picolaient, riaient, draguaient, se chamaillaient et dansaient dans les bars. Dans le café de Stella, petit théâtre des plus belles scènes du film, on parle (fort), on boit (beaucoup), on rigole et on déprime, on s'engueule et on s'enlace. C'est la vie comme elle va, comme on ne la voit pas si souvent au cinéma.
Les évènements les plus extrêmes entrent dans l'innocence sans ménagement, de l'humanité barbare mais parfois chaleureuse et naïve aussi, la violence, mais aussi l’amitié pure ... et l'enfant apprend à faire la synthèse grâce à "sa chance" : le lycée où elle n’aurait jamais dû être scolarisée. Très belles et justes interprétations de tous les acteurs.
Alexandre Aja, le Frenchy exilé à Hollywood, profite du système hollywoodien pour le flinguer en finesse, en se moquant de ce cinéma américain hypocrite, puritain et bien pensant qui veut parler de sexe et de violence sans jamais rien montrer. Avec Piranha 3D, Aja met dans sa ligne de mire tous les films hollywoodiens pour ados décérébrés qu'on nous sert à longueur d'année. Avec ce remake, le réalisateur revient sur Les Dents de la Mer (superbe hommage dans la première scène): une (ou plusieurs) bébête méchante veut dévorer les fesses des jeunes gens insouciants. Et ce n’est pas le string rose qui va les calmer. Mais une fois encore, Aja dépasse le film original, en osant (presque) tout ce que les producteurs de l'époque ne faisaient que suggérer, voire censuraient : les nanas sont carrément siliconées et intégralement à poil (si si…), les jeunes gens se font littéralement bouffer sous nos yeux (si si…), les cadavres sont en charpie et filmés sans aucune pudeur (non non...).
Que vont faire les piranhas d'étudiants priapiques et donzelles à forte poitrine (naturelle ou non) ? Devinez : une vraie boucherie, une Techno parade en plein soleil qui se transforme en abattoir live comme on n'en voit rarement. Alors évidemment, le suspense en prend un coup, puisque ce qui nous intéresse, ce n'est pas de savoir qui va s'en sortir mais comment vont être dépecés les ados! Et là, Aja ne nous épargne rien... toutes les recettes y passent! Façon hot dog, façon barbecue, par voie anale, orale, ventrale … les cadavres se retrouvent sans cheveux, sans peau, sans bras, sans jambes, coupés en deux, en mille, dépecés, lacérés et j’en passe et des meilleurs… Après une belle représentation de l'idée de vacances pour le mâle occidental (concours de t-shirts mouillés, ballet aquatique de nymphes de site porno, etc.), Piranha 3Dpasse en revue avec exhaustivité tous les types de déchiquetage, amputation, énucléation, émasculation, décapitation possibles et imaginables. Les bimbos ne sont que des « pauv’ connes » (c’est dans le scénario) ,des « pétasses » ou des « idiotes ». La gente masculine, quant à elle, brille par son Qi plus bas que celui d’un bigorneau, leurs corps bodybuildés, leur perversion, leur nombrilisme et leur lâcheté criante. Les scènes culs sont culs, mais sans flou, tous les organes génitaux y passent, voire même en gros plan (de quoi faire vomir un piranha : je ne vous dirai pas ce qu'un piranha rassasié m'a roté en plein visage…). La série B sage fait place à une rage de destruction impressionnante. Comme si l'auteur prenait clairement le parti des poissons carnivores pour débarrasser de la surface de la terre tous ces « teufeurs » décervelés sortis d’un clip de Lady Gaga. Les scènes de boucherie appartiennent au summum du gore (pas étonnant que Eli Roth, auteur des Hostel, accepte de s’y faire décapiter)…Dans le genre film d’horreur-épouvante-gore-trash-dégueu, c’est une réussite ! C'est horrible ? C'est surtout d'une inventivité merveilleuse. Personnellement, j'ai trouvé ça extrêmement bien fait et hyper-réjouissant. Mais je vais me soigner, promis.
Enfin j’ai trouvé le temps de voir Étreintes brisées de Pedro Almodóvar. Comme d’hab, un superbe film d’amour et un grand moment de cinéma. L’histoire revient sur un amour fou entre un réalisateur et son actrice (la sublime Penélope Cruz) qui a eu lieu une quinzaine d’années auparavant. Une histoire où jalousie et passion riment avec drame et trahison. Une histoire qui sera brisée dans son élan, d’où le titre. Etreintes brisées est donc un film d'amour, le récit tragique d'une passion interdite, mais c'est d'abord un film d'amour du cinéma. On y trouve un film dans le film : le clin d’œil aux débuts d’Almodóvar par le biais d’un film tourné dans le film : un film coloré, drôle, original qui n’est pas sans rappeler ceux de l’époque de la Movida (Femmes au bord de la crise de nerfs pour n’en citer qu’un).On y parle aussi des films possibles, à venir : le héros, cinéaste devenu scénariste depuis qu'il est aveugle, ébauche sans cesse des récits : intrigues et époques s'imbriquent ou se juxtaposent. Ce flash-back endosse le maniérisme du grand cinéma romanesque d'antan, entre Douglas Sirk et Vincente Minnelli à qui le cinéaste rend hommage. Dans sa dvdthèque, le cinéaste possède des films de Louis Malle, Fellini, Nicholas Ray…Tout entier dédié à la beauté de Penélope Cruz (ça fait jours que je suis sans nouvelles d’elle, je suis inquiet), à la fois innocente et sensuelle, enfantine et ravageuse. Comme je le disais, le film a le mérite de nous transporter au cœur des mythes cinématographiques qui ont marqué le réalisateur. Mention spéciale à Lena (Penélope) qui les incarne à la perfection. Pour les besoins du film, Lena adopte un look très Audrey Hepburn, puis viendront SophiaLoren et Marylin Monroe. Il n’y a qu’à regarder les photos ci-dessous. Almodóvar est décidément un des plus grands réalisateurs contemporains (je ne suis pas le seul à le dire et son ibérisme n’a rien à voir là-dedans) au même titre que Woody Allen, Martin Scorsese et QuentinTarentino. Vivement que son dernier opus La piel que habito sorte en DVD ou Blu ray !!!
Pour son titre, pour la beauté de son affiche, parce que c’est un film de Brian de Palma, pour le charme sexy des belles Scarlett Johansson et Hilary Swank (la boxeuse de Million Dollar Baby, le charme à l’état pur), pour son hommage au cinéma des années 40, je me décide enfin à regarder Le Dahlia noir. Petite perle manquée lors de sa sortie en 2006.Manquée car critique assez mauvaise.
L’histoire est très compliquée et va nous plonger très rapidement dans une incompréhension grandissante que seule la beauté de la mise en scène et la reconstitution très glamour du Los Angeles des années 1940 vont parvenir à maintenir l’intérêt du spectateur. Je ne suis pas sûr d’avoir tout pigé : c’est en gros l’histoire d’une apprentie comédienne, retrouvée morte, atrocement mutilée, dans un terrain vague de Los Angeles en janvier 1947. Elle avait 22 ans. C’est aussi l’histoire d’une obsession : celle de deux flics pour la jeune femme. Nos deux héros policiers, le premier (c’est Josh Hartnett, très beau mec, il n’y a rien à dire) sait que le second (Aaron Eckhart, impeccable gueule rétro, dans le même registre que dans The Dark Knight) n’est pas clair. Pour le premier, c’est de suite évident mais pas pour le deuxième. Lui-même n’est pas très net, s’amourachant d’une héritière rappelant la mère de La famille Addams .Mais on comprendra à la fin que c’est parce qu’elle lui évoque la morte que Josh s’est épris d’elle…vous voyez ce que je veux dire ? Et c’est aussi l’histoire d’une poignée de femmes très fatales (là, le mâle que je suis, en a pour ses yeux) que rien n’arrête. Il faut dire la jouissance à voir ces très jolis êtres faire de très jolies choses mais hélas aussi de moins jolies. Les sous-entendus de l’époque, censure oblige, sont ici explicites : lesbianisme, nécrophilie, sadisme et perversions en tout genre s’étalent au grand jour. C’est la « cité du péché » qui corrompt, non sans délice pour le corrompu.
Les plus belles scènes du Dahlia noir sont aussi les bouts d’essai de la jeune Elizabeth Short : fragments de pellicule en noir et blanc où la jeune actrice aux grands yeux mouillants se livre à des cinéastes plus ou moins vicieux. Des bouts d’essai qui m’ont rappelé les scènes en noir et blanc, muettes de Volver chez Almodóvar. Très réussi ! On l’aura compris : il s’agit d’une descente au plus profond de la noirceur humaine où la confusion des sentiments et l’attirance macabre pour le mal polluent l’âme humaine. D’après ce que j’ai lu, le roman dont le film est l’adaptation, est magnifique et décrit bien cette descente aux enfers.
Question cinéma, ici, l’exercice de style est superbe : ressusciter le grand Hollywood, travailler sur le genre, donner au film noir une patine sophistiquée, glacée et sexy à la fois. C’est un vrai plaisir de contempler les acteurs réunis par De Palma, ou d’admirer sa mise en scène, voyante mais incomparablement élégante (mouvements de grue dans un Los Angeles des années 40 reconstruit en Bulgarie). La photo est magnifique, les décors sont somptueux. Seule la musique est trop omniprésente et finit par saouler tant elle est redondante voire inutile. Agréable à regarder pour l'esthétisme et le retour du film noir, dur à suivre (les personnages déjà nombreux et durs à différencier pour certains sont parfois appelés par plusieurs noms) le scénario quant à lui est incompréhensible (pour ceux qui n'ont pas lu le livre).Il nous fait mêler les pinceaux constamment et nous largue tous les quarts d’heure. Quand on finit enfin par s'y retrouver dans les multiples personnages et leurs histoires respectives, on se dit : tout ça pour si peu et on est déçu.On est loin de l’éclairage et la claque que l’on prend par exemple à la fin de Shutter Island. Mais allez savoir pourquoi, il m’était impossible de lâcher en regardant le film. Certainement pour les raisons mentionnées plus haut. La magie du cinéma certainement...
Quatre garçons d'une ville industrielle britannique cultivent des rêves de grandeur .Animés par des envies de grandeur, Omar, le personnage principal est déterminé à devenir une arme du djihad en Angleterre. Avec ses amis, il décide de monter le coup décisif qui fera parler d'eux et de leur cause. Ils veulent marquer leur époque, changer le monde. Problème : il leur manque le mode d'emploi. Ils partent s'entraîner en Afghanistan mais se révèlent être de piètres soldats. De retour au pays, ils mettent au point un plan qui semble imparable. Mais les crétins, barbus ou pas, demeurent des crétins…
Chris Morris a eu l'idée de faire une comédie à partir de cette situation avant les attentats du 7 juillet 2005 dans la capitale britannique. Il faut donc avoir les muscles faciaux très raides pour ne pas sourire, voire rire, au spectacle de ces Pieds Nickelés qui s'efforcent de répandre la terreur autour d'eux. Le film commence par l'enregistrement d'un message appelant à la guerre sainte, dit par un grand gaillard qui tient un fusil miniature en matière plastique. "Et si je le mets plus près de la caméra, il aura l'air plus gros ?" demande-t-il à ses camarades qui protestent contre le ridicule de l'image.
Les trois quarts du film (réalisé dans le style des séries britanniques) relèvent du burlesque le plus pur. Les mésaventures d'Omar (Riz Ahmed), le gentil leader du groupe, dont le fanatisme est simplement exprimé, jamais expliqué, encore moins justifié, pendant son stage djihadiste en Afghanistan relèvent du meilleur comique troupier. Les quatre lions multiplient les erreurs, se conduisent de façon toujours aussi ridicule, mais la logique du terrorisme est respectée et le rire finit par rester coincé. Bref, un mélange d'hilarité, et de chair de poule... Il est vrai qu’il faut aimer l'humour anglais et apprécier mais si vous aimez les Monty Pythons et les terroristes déguisés en autruche alors regardez ce film. En plus ça fait du bien de rire de ces barbus qui nous bassinent avec leur interprétation (à la petite semaine) du Coran et qui (encore contraste) sont bien inoffensifs et ridicules (Ahhhh les femmes voilées entassées dans un placard, non, c'est une pièce, non c'est un placard etc, ok c'est un WC mais on a enlevé le siège etc etc etc......).