Je redécouvre le formidable Kaputt de Destroyer. Quand je dis « redécouvre », je pèse mes mots. Lors des premières écoutes, je n’avais pas été immédiatement séduit. Seul le premier titre Chinatown m’avait touché. A l'instar de John Grant sur son Queen of Denmark, en crooner indolent à la Neil Tennant (Pet Shop Boys) ou à la Mercury Rev, le prolifique Dan Bejar redonne une vertu neuve au soft rock moelleux des 70's en le mâtinant d'une touche 80's aux échos de Bryan Ferry et du Roxy Music soyeux d'Avalon.
A la fois apaisant, troublant et intrigant, Kaputt, loin de vouloir nous mettre KO, ambitionnerait plutôt de réenchanter le petit monde de la pop post 80's. Dès Chinatown, c'est à la confluence des années 80 et 90 que s'ancre d'emblée l'album avant même l'entrée en scène de ces rythmiques métronomiques et dansantes chères à New Order.
La recette est à peu près la même sur le single Kaputt, merveilleux single et véritable manifeste de cet hommage à un âge où la musique se contentait d'une atmosphère et de quelques touches discrètes pour évoquer le spleen des âmes solitaires ou des amoureux délaissés.
Un album groove, moelleux et soyeux, qui réhabilite le sax pop si cher aux 80’s.