Il n'y a sans doute que lui pour nous entraîner dans ses longs monologues un peu plaintifs, un peu ironiques, plus parlés que chantés, qui ont le don de toucher sans qu'on sache exactement pourquoi. Daniel Darc revient avec un album plus intense et cohérent que le précédent: La Taille De Mon Âme. Ni nouvelle chanson française, ni punk sur le retour, juste un chanteur à cœur ouvert. On l'aime pour ses urgences brûlées et brûlantes, la délicatesse de ses textes à nu.
A 52 ans, Darc chante la vieillesse, les filles apparues et les amis disparus. Il chante le destin, les hasards, la fatalité, l'espoir, la renaissance, l'amour. Malgré un ton assurément répétitif, l'ensemble dégage une clarté désespérée pleine d’élégance. Et plusieurs titres tapent dans le mille, aériens et puissants à la fois : My baby left me, très gainsbourien ou Vers l’infini, ode d'une douceur infinie aux amis disparus. Quelqu’un qui n’a pas besoin de moi rappelle Mickey 3D, son final au choix Maldororesque ou Morrisonien ouvre les portes d'un pénitencier aux chœurs façon Ennio Morricone. Un bel album. Bravo Daniel.