Tout d'abord, il faut surmonter le léger agacement que provoque le premier contact avec cet album. Car tout pourrait suggérer ici un irritant « air du temps alternatif » : de la pochette présentant l'artiste en petite soeur d'Antony relookée par les foldingues de CocoRosie, à la musique et au chant de cette Australienne qui font l'effet, pour l'oreille distraite, d'un mix des icônes féminines pop non consensuelles habituelles. Autrement dit, PJ Harvey, Björk, Tori Amos et toutes leurs disciples plus ou moins douées. Insister, persévérer donc. Car Inga Liljeström mérite mieux que deux ou trois étiquettes trop vite expédiées. L'inconnue peaufine son art et son style aux antipodes depuis près de quinze ans. Ce qui explique un souffle et une puissance qui ne s'évaporent pas, comme chez tant d'autres, au bout de quelques titres. Black Crow Jane alterne les climats, chauds, froids, heurtés, apaisés et torturés.
Voici deux courts extraits: