Vocalises aériennes, harmonies illuminées, folk-rock pastoral... Tels furent les mots qui vinrent à l'esprit en découvrant, il y a quatre ans, For Emma, forever ago, album sorti de nulle part signé d'un baladin solitaire, aussi barbu que mélancolique, au nom à coucher dehors : Bon Iver. Avec son chant évaporé mais possédé, plainte de douleur venue de l'intérieur, Justin Vernon, replié sur lui-même dans une cabane en bois isolée du Wisconsin, exorcisait une lourde peine de coeur. L'histoire aurait pu s'arrêter là. Sauf que Bon Iver et son timbre spectral n'ont cessé de hanter.
Son deuxième album, Bon iver, avec ses psalmodies aussi énigmatiques qu'envoûtantes, possède autant de charme et de mystère que son prédécesseur. Plus encore. Au chant de Vernon se joignent cordes ou cuivres aussi enjoués que fantomatiques, percussions puissamment haletantes, choeurs venus d'ailleurs. Surtout, l'ensemble varie les climats, passant de la torpeur à de subites poussées de fièvre, version musicale des rêves les plus enivrants. Bon Iver n'a pas fini de nous envouter...
Un autre titre extrait du même album: