Dans le dernier (et véritable premier) album de Catherine Ringer (Ring n'roll), il y a une chanson qu'elle adresse directement à l'absent, sans faux-semblant : Mahler, intitulée ainsi car elle emprunte à sa Symphonie n° 5. Dès les premières notes, c'est un choc : la chanteuse ose y déposer des mots poignants, presque gênants tant ils sont personnels, d'une simplicité extrême, arrachés au deuil et à la douleur. La chanson est une lettre, comme une bouteille à la mer ; impossible de rester de glace devant sa sincérité écorchée, son dépouillement, son désarroi et son immense envie d'apaisement. Jamais la voix de Catherine Ringer n'était allée si loin dans la douceur et la tendresse. L'interprète est magistrale, on le savait déjà, on l'entend plus encore. Honnêtement, cela faisait des années que je n'avais pas écouté une pareille interprétation. J'ai pensé à Piaf dans la deuxième partie, c'est dire. Magistrale.